À la Surface / On Surface

2006

[NOTES IN FRENCH ABOUT THE WORK AVAILABLE HERE] Multi-media performance/installation work with texts exploring truth and fiction in stories about artists, music, and video; conceived by Geneviève Sabaté-Verseau, texts written and performed by Jean De Loisy, images by Fabien Rigobert, and live music with electronics, processed voice, and piano by David Rosenboom; realized at Centre National de Danse Contemporaine, Angers, France.

Titre bilingue et double proposition. Deux langues pour deux « objets » distincts.
Deux dispositifs de création mis côte à côte ou bout à bout ou envisagés séparement :
- une performance installation
- un feuilleton vidéo

Un homme « performeur » raconte des histoires de relations entre artistes des 20ème et 21ème siècles. Histoires vraies, instants de vie, et histoires fictives, prolongements imaginaires construits à partir d’éléments réels épars – des fables de l’art contemporain.
Qu’il s’agisse du feuilleton vidéo ou de la performance-installation, la pièce est écrite en juxtaposant deux éléments indépendants, construits séparement et « livrés » ensemble : une bande-son (musicale) et la parole vive du « conteur ».

Notes sur « les fables » de l’art contemporain (la parole vive du conteur moderne)

Les « fables » de l’art contemporain sont de courtes histoires, pour la voix vive qui racontent des relations entre artistes des 20ème et 21ème siècles. Ces fables sont écrites par Jean De Loisy.
La fable : c’est l’histoire de la relation vraie et fictionnée – à partir d’un événement, qui a mis en contact, qui a mis en relation les protagonistes, deux artistes donc.
C’est une histoire de correspondance, authentique et fictionnée.
Le narrateur révèle et donne corps à ces histoires.
La durée de chaque fable est d’environ 5 à 7 minutes (dans la version performance-installation), plus courte dans la version feuilleton-vidéo (environ 4 minutes).
Les histoires sont mises bout à bout – avec respiration sonore (musicale) entre certaines parfois – ou condensation du romanesque ininterrompu d’autres fois.

Notes sur la musique ( bande-son)

S’en tenir à la matière sonore, c’est-à-dire à la musique composée et improvisée. La bande-son se constitue par séquences successives d’improvisation dans un montage presque alléatoire et mis en œuvre en direct (dans le cas de la performance-installation) par le musicien lui-même.
Il y a ainsi une « quantité », un volume de matière sonore ; qui peut se « dérouler » presque en continu, comme une voie parrallèle à celle de la voix vive de l’homme qui raconte.

Dans le cas de la performance-installation le musicien, compositeur et pianiste David Rosenboom est présent sur scène avec l’homme qui raconte.
De la musique improvisée : elle représente du fait même de l’improvisation, une quantité variable de son. Une masse mélodique et rythmique à chaque performance différente. L’improvisation fait pendant, en termes de composition, à la voix de l’homme qui raconte.

À LA SURFACE / PERFORMANCE-INSTALLATION

Dispositif scénique simple. Présence côte à côte du parleur et du musicien sur scène.
Deux entités « posées » là, deux présences en parrallèle qui composent un espace sonore et textuel commun quasi-alléatoire.
Le musicien improvise, déroule, rythme et mélodie…
A ses côtés le parleur « raconte » ou lit en direct les textes qu’il a écrits.
Chacun va et vient, « entre » et « sort », joue, parle, se tait ou attend durant les 30 minutes environ que dure la pièce.
L’un raconte des histoires et l’autre tisse des relations informulées, hors du langage.
C’est un duo pour texte et musique où les protagonistes, conscients de leurs deux présences, sont lancés l’un et l’autre, l’un avec l’autre, l’un sans l’autre dans une narration commune.
Celui qui parle donne le sens, livre l’histoire, travaille en direct le romanesque, l’impossible et la fantaisie. Il compose des parcours de vies, tricote des correspondances…
Le musicien occupe l’espace du « hors-langage », dans un avant-après de ces relations que son partenaire explicite à sa guise. L’espace sonore – espace musical joue avec la langue, sur un autre registre, celui de l’inarticulable.

A LA SURFACE / FEUILLETON VIDÉO

Avec les mêmes protagonistes, c’est une série de courtes séquences vidéo – une séquence (un épisode du feuilleton) pour une fable racontée.
C’est une série de plans fixes, mis bout à bout, comme autant d’instantanés de l’homme qui raconte les histoires. Ici le musicien n’apparaît jamais à l’écran.
Les images sont semblables à des vignettes, le locuteur est posé sur un fond dont les couleurs, la nature et le sujet, changent à chaque récit. C’est un collage volontairement « sommaire » avouant à dessein l’artifice : plaquer avec une frontalité revendiquée le visage de l’homme, plein cadre face, sur un décor donné.
Fresque contemporaine où le personnage apparaît, saisi, accroché sur le fond, hors de toute réalité immédiatement identifiable, pour mieux nous parler de nos contemporains.
La bande-son est composée de façon identique (à celle de la forme performance-installation) : musique improvisée, enregistrée et diffusée de façon alléatoire ou programmée.